Alessandro Calabrese – The Long Thing

Quoi de plus commun que du papier quadrillé, qu’une pile de dossiers, qu’un paquet d’élastiques ? Quoi de plus ennuyeux aussi. Ce qui semble tellement ordinaire au point de se soustraire à la vue, apparaît dans la photographie d’Alessandro Calabrese, totalement inédit.

Pour The Long Thing, l’artiste milanais a troqué son appareil photo au profit d’une autre machine : un scanner de bureau. Le résultat ? Des objets transfigurés par une esthétique nouvelle. L’utilisation du scanner dans le processus de production de l’image permet à la perte de contrôle d’être ici, libératrice. Les photos ont pour sujet « les outils » de l’environnement de bureau. Pourtant, on est loin du figuratif. La représentation est déconstruite et l’objet, fragmenté

En utilisant un instrument de bureautique, Alessandro relit les formes, les couleurs et les matières, faisant déborder les frontières de la réalité jusqu’à conduire la photographie dans le champ de l’abstraction. Bien que la série prenne sa source dans le roman inachevé de David Foster Wallace qui raconte la vie d’un groupe d’employés de l’agence fiscale américaine, on ne peut s’empêcher de lui attribuer une autre référence : Les Temps Modernes de Chaplin. Car c’est bien de travail, de son univers, de ses machines, de ses fonctionnements et de l’ensemble de ses débordements dont il s’agit.
The Long Thing inverse le mécanisme de l’ennui voire la marche vers une forme d’aliénation, par l’approche très créative, libre et rafraîchissante de son auteur.

 

 



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